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Historique du Judo

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« Existe-t-il un principe réellement universel ?
Oui, il y en a un : c'est le principe de l'efficacité
maximum dans l'usage de l'esprit et du corps.
J'ai donné à ce principe d'absolue généralité le
nom de JUDO. »

Maître Jigoro KANO (Discours de l'Education).

 



Conférence de Jigoro Kano sur le Judo réalisée à l’Université de Caroline du Sud en 1932

 

« Le judo est une synthèse de toutes les méthodes antérieures que Kano avait étudiées ou pratiquées. […] En homme consciencieux, Kano enrichit ses connaissances par la collecte de manuscrits anciens et par la lecture d’ouvrages occidentaux dans lesquels il n’hésite pas à puiser son inspiration ». Le mot judo n’est pas nouveau, Terada Kanarmon, maître à la Kito Ryu, avait déjà évoqué le fait que le principe “ju” pouvait être une voie de réalisation pour l’homme, nommée judo.
Le judo kodokan est selon Kano une véritable « méthode d’instruction conforme à l’enseignement des sciences modernes », dans laquelle il a rassemblé « les aspects positifs trouvés dans toutes les écoles de jujitsu ».
« Kano ne prétend pas avoir inventé de nouvelles techniques, une nouvelle école, il “retrouve”, il identifie simplement le principe essentiel, […] et, en érudit génial, il suggère aux hommes nouveaux cette ancienne façon d’envisager le principe ju : moins comme un moyen efficace de vaincre, de triompher des autres, que comme un moyen de se “vaincre soi-même”, comme un moyen de triompher de ses propres limites, en discipline du corps et de l’esprit. »
Kano a le souci constant de justifier les gestes techniques et les principes qu’il met en œuvre. Il rompt ainsi avec la tradition martiale ancestrale qui octroie toute découverte à une “révélation mystique” en proposant une analyse rationnelle de l’art : les techniques sont décortiquées, les forces analysées, les leviers démontrés…
C’est ainsi qu’il expliquait à ses élèves les principes fondamentaux de la “voie de la souplesse” ou “l’art de céder” :

« Voyons maintenant ce que c'est que cette souplesse ou cet art de céder "Ju". Supposons que nous estimions la force d'un homme en unités. Admettons que la force de l'homme qui est en face soit représentée par 10 unités, tandis que ma force, moindre que la sienne, soit représentée par 7 unités. Dans ces conditions, s'il me pousse de toute sa force, je serai certainement poussé en arrière ou jeté au sol, même si je me sers de toute ma vigueur contre lui. Cela arriverait parce que je me serais servi de toute ma force contre lui, alors que si je cède à sa force en retirant mon corps juste avant qu'il ait poussé et en prenant soin en même temps de garder mon équilibre, il sera forcé de se pencher en avant et de perdre ainsi son équilibre.
Dans cette nouvelle position, il peut être devenu si faible (non pas en force physique, mais à cause de sa position gênante) que sa force se trouve représentée à ce moment, disons par 3 unités au lieu de 10 unités normales. Mais pendant ce temps, moi-même, en gardant mon équilibre, j'ai conservé toute ma force qui était primitivement représentée par 7 unités et me trouve donc momentanément dans une position avantageuse et je peux triompher de mon adversaire en me servant seulement de la moitié de mes forces, soit 3 unités et demie contre ses 3 unités. Cela laisse à ma disposition la moitié de mes forces en cas de besoin. (KANO J. (1932), Discours réalisé à l’Université de Caroline du Sud) »

La “voie de la souplesse”, ou judo, fut déjà évoquée antérieurement à Jigoro Kano. Cette histoire de “révélation mystique” est encore racontée aujourd’hui aux jeunes judoka : au XVIIe siècle, le physicien Akyiama Shinobu, après avoir essayé d’utiliser de manière infructueuse des techniques de réanimation chinoises se plongea cent jours dans la méditation. Un jour de neige abondante il vit beaucoup d’arbres romprent sous le poids de la neige. Mais un arbre attira l’attention d’Akyiama : un saule si flexible que la neige ne pouvait s’accumuler sur lui. Il conclut au principe de “non résistance” qu’il employa alors sur les champs de bataille.

Toutefois le principe de la souplesse (ju-no-ri) ou l’expression “art de céder” ne convient pas à toutes les situations. C’est ainsi que Kano dit : « si nous considérons le jujitsu comme l’art et la pratique de faire le meilleur usage de l’énergie physique et mentale, nous pouvons alors définir le judo comme la voie ou le principe de cette efficacité et nous atteindrons alors la véritable définition ». C’est un des trois grands principes du judo : seiryoku zenyo : le meilleur emploi de l'énergie.

 

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